Exposition – Suspendre l’éphémère, méditative céramique
SAINT-QUENTIN-LA-POTERIE , Gard – Fête & manifestation
Exposition – Suspendre l’éphémère, méditative céramique_Saint-Quentin-la-Poterie – © Stéphanie Bertholon et Xavier Duroselle
Exposition – Suspendre l’éphémère, méditative céramique_Saint-Quentin-la-Poterie – © Pascale CholetteÀ propos
Audrey Ballacchino, Stéphanie Bertholon et Xavier Duroselle, les trois artistes de l’automne, mêlent dans leurs œuvres le souffle du temps à l’éclat sublime de l’éphémère.
Des émaux onctueux qui s’accrochent aux parois des vases, des formes qui viennent de loin – dans l’espace et le temps -, des motifs floraux qui s’épanouissent, des couleurs qui se répondent en toute délicatesse : voilà le programme.
Xavier Duroselle et Stéphanie Bertholon :
Couple à la ville, ils partagent la fascination pour les émaux. A chacun ses recherches : les mille nuances du céladon, la puissance des rouges de cuivre, les élégants noirs craquelés, l’étonnant rose malabar pour Xavier… Les blancs crémeux, les bleus doux, les gris subtils, le tout souvent rehaussé de touches d’or, pour Stéphanie.
Le récent projet de four à bois porté par Xavier répondait tout à la fois à une inscription dans l’histoire longue de la céramique et à la création d’un outil contemporain, adapté aux enjeux climatiques d’aujourd’hui, un défi technique et une voie de renouvellement.
Pour Xavier, le nouveau four s’accompagne de nouvelles techniques de façonnage purement manuelles, expurgées du tour, qui offrent à ses pièces une élégance brute. Y répondent les textures inédites de ses émaux, dont les teintes se mêlent durant la cuisson. La dimension intemporelle de son travail, ancré dans les traditions extrême-orientales et leurs couvertes emblématiques, y trouve une nouvelle force.
Bientôt Stéphanie se pique aussi au jeu de ce nouvel équipement et expérimente les effets de la cuisson bois sur ses émaux. Le résultat est stimulant, amenant une matité délicate, une bienveillante patine à ses pièces raffinées.
L’étape suivante s’engage tout naturellement : entremêler leurs deux univers, si proches et si personnels à la fois, se partager le modelage et le décor pour faire émerger un nouveau langage. L’émaillage habituellement très dessiné de Stéphanie, composant un décor naturel mais structuré sur ses formes tournées, réagit aux reliefs créés par le façonnage au colombin de Xavier ; il se fond en une somptueuse fourrure bicolore aux reflets marbrés. Les pièces nées de ce travail à quatre mains sont présentées ici pour la première fois au public.
Audrey Ballacchino :
Son travail sculptural plonge lui ses racines dans les traditions baroques, portées par l’identité culturelle des origines siciliennes de l’artiste. Ses compositions jouent avec l’idée du trompe l’oeil : les vases se renversent, les drapés s’enroulent et se déploient, le mouvement s’inscrit dans l’objet, l’instant est suspendu. La dimension théâtrale s’affirme, dans la continuité des véritables mises en scène qu’elle a pu créer précédemment.
La profusion ornementale de ses sculptures, nourrie par la finesse de son modelage, s’estompe sous des nappes d’émaux étincelants qui unifient les éléments décoratifs en un seul volume. Vases, fleurs et drapés s’enlacent dans le même élan.
La virtuosité de la céramiste répond à celle des peintres de natures mortes et de vanités des temps modernes et s’empare de la dimension symbolique des objets.
Entre réalisme et spiritualité, ses sculptures interrogent notre rapport au temps, à l’éphémère, à la finitude.
L’omniprésence des fleurs – roses, chrysanthèmes -, souvenir marquant des visites de cimetière avec sa grand-mère, évoque tout à la fois la fugacité, la fragilité de l’existence, mais aussi, pleinement, sa beauté.
Langues parlées : Français
Ouverture
- Du dimanche 30 août 2026 au dimanche 15 novembre 2026
Localisation